Arthur Breitman, le co-founder de Tezos, exprime ses voeux pour 2019 dans une vidéo. Il en profite pour dresser un rapide bilan de l’année écoulée et donner les prochaines idées pour améliorer Tezos.


2018 : les événements marquants

Cette année a été marquée par le lancement du Betanet, qui est devenu le Mainnet. Celui-ci est opérationnel depuis le 17 Septembre et a fait l’objet d’un patch fin Novembre.

Autre phénomène : la mise en place d’un véritable écosystème, à travers la croissance solide du nombre de contributeurs autour du projet. Elle est appréciée par le développement des nombreuses communautés internationales. Mais aussi par l’augmentation du nombre de Bakers, les participants au processus de création et de validation des blocs, appelé Baking. Enfin par les programmes de formation de développeurs, subventionnés par la fondation Tezos.

Egalement, Arthur rappelle les grands atouts de Tezos. À savoir une blockchain fonctionnelle avec un mécanisme de validation en Proof of Stake, et permettant l’exécution de smart-contracts rédigés en Michelson. C’est avec ses mécanismes inédits que Tezos à su gérer les problématiques de la Preuve d’Enjeu, ouvrant ainsi la voie aux autres protocoles souhaitant délaisser le Proof of Work. Enfin, en tant que « registre auto-modifiable », la possibilité d’adapter l’algorithme du protocole à travers la proposition d’amendements, face à un environnement dynamique, constitue le socle de sa pérennité. Grâce à cet avantage, Tezos pourra implémenter de nouvelles façons d’assurer la confidentialité des transactions, mais aussi d’exécuter des smart-contracts. Bref, d’améliorer le protocole en incorporant des innovations, tout en protégeant les parties prenantes.

2019 : les sujets à explorer

Arthur Breitman évoque les innovations à explorer pour Tezos. Par exemple, la résistance aux réseaux à faible synchronicité tels que Tendermint, visant à maintenir le protocole de consensus sain. Mais aussi Cosmos pour permettre l’interopérabilité entre Tezos et d’autres blockchains.

Egalement, l’algorithme zk-SNARKS, utilisé dans le cadre de Z-cash constitue un piste d’amélioration du protocole. Cet algorithme permet d’assurer l’entière confidentialité des transactions, protégeant ainsi ses utilisateurs. Concrètement, zk-SNARKS permet de prouver que vous êtes propriétaire d’une information, sans la dévoiler. Un sujet qui peut trouver du sens notamment en Europe, avec l’introduction du RGPD, ou bien aux USA avec les récents scandales sur la confidentialité des données.

D’autres terrains sont aussi à explorer pour Tezos, tels que le management du memPool. Le memPool est le réservoir de mémoire (RAM) alimenté par les Noeuds, et permet l’affectation des transactions en attente. Manager le memPool, serait redéfinir : qui paie les fees, comment sont-elles payées et comment les transactions sont acceptées au sein du memPool. Par exemple, quand un noeud reçoit une transaction, il n’est pas obligé de rejouer toute la transaction, mais simplement de vérifier si les fees peuvent-être payées. Il n’a plus à raisonner sur les effets de la transaction pour décider s’il faut propager la transaction aux autres noeuds. Ces petits changements peuvent pourtant avoir de grandes conséquences, notamment multiplier par 3 la vitesse des transactions et donc la capacité de transactions supportée par Tezos.

Aussi, la couche de stockage peut-être améliorée. Actuellement Tezos prend des « snapshots », c’est à dire des captures, de tous les états de la blockchain. L’historique étant ainsi sauvegardé dans ces états. Mais cet historique est lourd et représente environ 50Go (Ethereum étant déjà à 1To). L’idée est de conserver assez d’états du passé pour gérer l’activité. Sans pour autant s’occuper de la traçabilité de tous les états possibles. Tezos a déjà quelques pistes pour ramener ces états à l’équivalent de 10Go. Il y a un véritable intérêt pour réduire le poids de ces états. Effectivement si les états de la blockchain peuvent tenir sur la mémoire vive (RAM) et non sur du stockage (Disk), alors la blockchain pourra procéder beaucoup plus de transactions. Une autre idée serait de distinguer deux types de stockage. Le stockage rapide, fonctionnant avec de faibles fees, et le stockage lent ayant des fees plus élevées. De manière générale, l’idée est de faire correspondre le coût d’une transaction avec le coût actuel de fonctionnement d’un noeud, c’est-à-dire, le coût de calcul pour vérifier la chaîne.

Au-delà de l’amélioration du protocole, il est aussi possible d’améliorer la couche d’outils. Michelson est une base solide pour implémenter d’autres langages tels que Liquidity ou fi, mais aussi de bons environnements de tests et de développement pour mieux les intégrer et déployer des smart-contracts efficaces sur la blockchain.

Enfin, la vérification est une partie importante de l’outil. L’un des avantages de Michelson, est de simplifier la vérification humaine. En ce sens, il est possible de créer un programme utile en 5 ou 10 lignes et surtout de comprendre ses effets. Ce qui n’est pas le cas dans la plupart des langages de smart-contracts construits sur une machine virtuelle. L’autre avantage, est de permettre la vérification formelle automatisée. Michelson est optimisé pour la vérification formelle, et même les langages construits sur Michelson héritent de cette propriété.

Conclusion

Arthur expose les atouts et les ambitions de Tezos. Les idées d’incorporer des innovations et d’améliorer le protocole forment la ligne directrice pour cette nouvelle année 2019. Des pistes d’améliorations se démarquent sur les sujets :

  • Consensus : Assurer la bonne santé du réseau en améliorant le protocole de consensus via des solutions telles que Tendermint
  • Interopérabilité : Permettre l’interopérabilité de Tezos avec d’autres blockchains grâce à Cosmos
  • Confidentialité : Possibilité d’implémenter l’algorithme zk-SNARKS garantissant la confidentialité des transactions entre les utilisateurs
  • Gestion du réseau : Réorganisation du memPool et diminution du poids des états pour accroître la capacité des transactions
  • Accessibilité : Implémenter de nouveaux langages et outils pour démocratiser le déploiement des smart-contrats

2018 était le lancement, 2019 s’annonce non seulement comme la consolidation des acquis et l’amélioration des atouts, mais surtout comme l’exploration de terrains prometteurs pour exercer ses capacités. D’où l’enthousiasme d’Arthur Breitman.

Catégories : Divers

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